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Témoignage sur les tests COVID dans les écoles
lundi, 4 octobre 2021
/ Gwen et Manu

Et les fameux tests arrivèrent dans les écoles...

Le métier de journaliste spécialisé sur l’éducation, au regard de la précarité catastrophique qui règne dans bien des rédactions, mérite que nous offrions à cette corporation sinistrée tout le concours d’enseignants-envoyés spéciaux sur le terrain du bonimensonge ministériel.

Voici donc une première pige que nous proposerons aux différents journaux de la région, afin de revenir sur l’organisation annoncée à grand renfort de hochements de tête blanquériens de la grande campagne de tests COVID. Cette dernière devait toucher des centaines de milliers d’élèves de nos écoles. Seulement, une nouvelle fois, des plateaux télé à la réalité, des très très complaisantes colonnes du Journal du Dimanche à nos écoles, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a loin de la coupe aux lèvres, ou plutôt du crachat enfantin au petit flacon du pharmacien.

Qu’on en juge par ce résumé tout droit venu d’une école-type.

Après avoir distribué en tout début d’année la demande de consentement à l’ensemble des familles (plus de 250 familles), les enseignants, consciencieux, ont, comme on leur demandait, récupéré et photocopié ces-dites autorisations, pensant que là s’arrêterait leur fonction de logisticien de l’Education Nationale en sous-traitance de l’Agence Régionale de Santé. Il n’en fut rien !

En effet, quelle ne fut pas leur surprise lorsque quelques jours après ils reçurent un deuxième papier à distribuer. Cette fois-ci avec un QR code, annonçant aux parents que le dépistage se ferait, non pas à l’école comme l’évidence des propos du ministre l’aurait laissé entendre, mais à l’abri des murs des appartements et maisons des parents. Submergés par l’étonnement et l’interrogation de savoir combien de parents se plieraient à ce retournement de situation, les enseignants distribuèrent les nouvelles consignes, tout en imaginant déjà les difficultés techniques auxquelles seraient confrontées ces familles (posséder un smartphone, être capables de scanner un QR code, avoir l’envie de remplir le même questionnaire que précédemment mais en ligne sur un petit écran, et cela sans compter les bugs éventuels empêchant l’inscription...).

Deux semaines après, alors que les enfants, joyeux, courraient couraient encore dans la cour, un livreur vint sonner à la porte de l’école. Il fut accueilli, comme il se doit, par des enseignants accortes, mais débordés, qui se dépêchèrent de récupérer les 2 cartons que leur tendait l’homme pressé d’aller vers d’autres clients.

Profitant d’une accalmie, une partie de l’équipe s’enquit de savoir ce qui se trouvait dans ces colis. Un premier fut ainsi ouvert.

A l’intérieur du sachet se trouvaient de tout petits tubes, de petits sacs plastiques, des planches d’étiquettes nominatives code-barrées, un protocole d’utilisation à l’intention des familles ainsi qu’une notice en anglais.

Seulement, rien sur la destination des étiquettes... Fallait-il les coller sur les flacons, sur les sacs ? Fallait-il les donner ou pas ? Un protocole en 3 étapes donnait des explications peu claires. Devant ce dilemme et après avoir cherché vainement une réponse à cette question, les collègues finirent par se résoudre à appeler l’inspection. Quelle ne fut par leur surprise lorsqu’ils comprirent que l’inspection semblait découvrir le protocole en question, au point de donner comme seule réponse, le conseil d’innover. Alors qu’ils se demandaient ce qu’innover en la matière voulait dire, le deuxième carton fut ouvert… et là, surprise ! Un nouveau protocole en 5 étapes, plus clair, était proposé.

C’est donc à celui-ci qu’ils s’empressèrent d’appliquer… mais un empressement tempéré par la procédure. En effet, les étiquettes, totalement mélangées, devaient être reclassées afin que les élèves retrouvent leurs classes… Ce qui prouve que notre administration a bien compris l’intérêt de l’informatisation...pour les autres.

Ce travail de tri enfin effectué, les pochettes, selon le protocole du deuxième carton, furent distribuées à l’ensemble des parents ayant accepté de faire le test… soit 66 enfants sur 300. Alors que la première liste comportait 166 consentements. Et le retour fut tout aussi épique, entre les oublis de tests à la maison, les enfants n’ayant pas réussi à cracher, et un grand nombre de tests non recevables une fois arrivés au laboratoire.

Au final… à quoi a servi ce déploiement d’énergie, de travail de logisticien auxiliaire bénévole et non formé de l’ARS ? D’autant que les parents peuvent se désister quand ils le veulent. Quelle cohérence ? Aucune !

Quelle utilité pour lutter contre l’épidémie ? Aucune !

Autrement dit, des heures de travail, sans aucun sens, pour absolument rien !

Décidément, il n’y a bien que sur le temps de travail des enseignants que Jean-Michel Blanquer n’est pas économe… sur le temps de travail et les promesses qu’il peut se permettre de faire à tire-larigot, sans qu’aucun journaliste ne lui demande rien ! Quel dommage ! C’est pour cela, qu’il nous semble important de vous tenir au courant.

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