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SNUipp - FSU Seine et Marne 77

Thèmes abordés


30 septembre 2021

Audience intersyndicale DASEN 27 septembre 2021

Lundi 27 septembre, la DASEN a convié les organisations syndicales à un temps d’échange. Depuis la mise en place de la loi de transformation de la fonction publique, les instances n’existent plus.

Nous déplorons le fait que nous soyons convoqués pour avoir des échanges alors que nous avions ces échanges en instance préalablement. Cela montre que l’administration a besoin de nos remontées du terrain. Les prochains temps d’échanges sont prévus par l’IA-DASEN les 06/12, 04/04 et 13/06, ce ne sont que des lundis...Et cela fait peu de temps d’échanges intersyndicaux pour une année scolaire. Pour qu’il y ait un véritable dialogue entre les partenaires sociaux, nous demandons des audiences plus régulières au cours de l’année scolaire et un compte6rendu à l’issue de chacun d’eux.

A l’initiative de la FSU 77, déclaration intersyndicale lue en début de réunion :

Comme les fois précédentes, nous accueillons avec un a priori positif votre invitation à nous réunir. D’une part, parce que nous l’actons comme la démonstration que ce démantèlement des instances organisé rue de Grenelle, crée un manque dans l’espace du dialogue social de proximité, là où se prennent les décisions concrètes. A priori positif d’autre part, parce que nous pensons qu’il est préférable de tenter de dialoguer et de faire avancer nos analyses dans tous les lieux susceptibles d’avoir un impact sur la réalité. De le faire en tenant la profession informée des propos tenus ici, des propositions que nous porterons, des réponses que vous apporterez...ou pas.

Mais c’est là qu’une réserve se fait jour !

En effet, il est hors de question pour nous de remplacer les instances que nous regrettons, par des réunions informelles aux finalités incertaines. Attachés à un paritarisme actif, dans la philosophie de celui mis en place au début des années 80, il est inconcevable pour nous de cautionner des succédanés ayant pour seule utilité ou finalité d’afficher un pseudo dialogue social, là où il n’y aurait qu’un lieu de discussion sans effet que notre fédération n’hésitera pas, le cas échéant, à dénoncer avec force.

C’est donc avec cette crainte que nous répondons positivement, une fois de plus à votre invitation, tout en continuant de réclamer le non-démantèlement annoncé des CHS et le retour des CAP. Une inquiétude qui se nourrit également de l’impression que les deux heures dans lesquelles vous souhaitez tenir ce moment d’échange, risquent d’être bien insuffisantes pour aborder l’ensemble des sujets que nous souhaitons aborder.

Thèmes abordés :

a/ la rentrée scolaire

Une nouvelle fois, sur fond de crise sanitaire, les équipes pédagogiques ont assuré la rentrée scolaire en portant à bout de bras le système pour qu’elle se déroule dans de bonnes conditions. Mais cette rentrée 2021 ne fut pas facile et, déjà, une grande lassitude et un certain épuisement, notamment pour les directions d’écoles, est exprimé de la part de nos collègues.

L’administration nous informe que le niveau de pandémie est très bas à ce jour : 58 classes fermées à ce jour et 1 école sur la seule décision du maire. Concernant les tests salivaires, le SNUipp–FSU 77 regrette que l’information adressée aux collègues n’ait été donnée qu’au 6 septembre pour une campagne qui selon les dires du ministre devait commencer au 14 septembre. L’administration regrette ce délai, mais le formulaire de consentement n’était pas prêt plus tôt.

b - la direction d’école et le fonctionnement des écoles (injonctions, surcharges administratives …)

- Mise en place du protocole sanitaire niveau 2 avec des lectures différentes selon les circonscriptions. Dans certaines circonscriptions le brassage entre niveaux est interdit alors que dans d’autres les enfants de CM2 peuvent être répartis dans des classes de maternelle si le traçage des élèves est assuré. L’IA nous dit qu’elle n’ira pas au-delà du texte réglementaire mais en cas de non remplacement c’est le bon sens qui doit prévaloir. Espérons que ce bon sens sera partagé par certains IEN qui en manquent parfois.

  Des problèmes de sécurité. Les directeurs ne sont pas informés des venues de personnes extérieures à l’école.

Les visites de T1, T2 ou EFS ne sont pas signalées aux directeurs et directrices.

Les stagiaires en observation chez les PEMF ne sont pas annoncés aux directeurs ou aux directrices d’école. Cette situation entraîne des allers et venues dans les écoles et des problèmes de sécurité. Les PPMSA sont difficilement applicables dans ces cas-là… Cette situation augmente aussi la charge de travail en plaçant la direction de l’école dans un rôle de concierge de l’école avec une mission importante dans l’ouverture et la fermeture des portails, ce qui n’est pas son rôle. Une information aux écoles émanant des PEMF, des CPC, des Professeurs de l’ESPE ou de l’IEN pourrait être envoyée au préalable, au moins à titre informatif si ce n’est à celui de la politesse.

  Multiplication des mails identiques reçus en x exemplaires avec des auteurs différents. Pour exemple, le mail émanant du Rectorat et portant sur les consignes de sécurité est arrivé 5 fois dans les écoles.

Une première fois avec une pièce jointe non sécurisée, une seconde sans la pièce-jointe, une troisième dans son bon format. Cet email a ensuite été publié par la DSDEN et par les circonscriptions. Ce genre d’envois doublés, voire triplés est presque quotidien. Les directeurs doivent vérifier les versions, les comparer afin de voir s’il n’y a pas eu des ajouts ou des modifications. Ce travail de contrôle leur fait perdre un temps important sur leur quotité de décharge. → demande d’une lettre de diffusion regroupant les infos, quotidienne ou hebdomadaire

  Multiplication des injonctions et surcharge administrative :

tableau des APC, tableau des 108 heures, enquête hebdomadaire des effectifs, états de services des AESH, enquête LV, gestion et recensement des autorisations de tests salivaires pour les élèves, demandes de l’ERSEH de remanier plusieurs fois les EDT des AESH mutualisées (pas assez d’AESH pour prendre en charge tous les élèves à besoins particuliers), etc...

Toutes ces demandes s’ajoutent aux obligations de la direction d’école en septembre : organisation des réunions de rentrée, organisation de la vie de l’école (divers plannings), mise en place des projets pédagogiques (élaboration, rédaction pour validation et mise en œuvre), mise à jour des PAI, mise à jour du PPMS, organisation des conseils des maîtres et de cycles, relations avec les partenaires de l’école (IEN, mairie, représentants de parents d’élèves, parents d’élèves, intervenant.es etc.), organisation des élections des représentants de parents d’élèves au conseil d’école…

Cette année, les dates des vacances scolaires tardives imposent la tenue du premier conseil d’école dans la première période de l’année, alors que les années précédentes, il se tenait lors de la seconde, imposant une surcharge de travail aux directeurs (impossibilité de le préparer pendant les vacances scolaires). Le tout sans aucune aide administrative et un temps de décharge de direction insuffisant.

Certaines demandes sont aussi à traiter dans la matinée avec des demandes très injonctives (mot impératif en gras, souligné et dans une police plus importante). Pour exemple, les remontées d’absentéisme du jeudi 23 septembre, ont été demandées dans les écoles le jeudi 23 septembre à 9h30 pour un retour à 12 ou 13h selon les circonscriptions. Les directeurs non déchargés ce jour-là se sont retrouvés face à une demande irréalisable.

Une impression de manque de préparation est ressentie par les directeurs de Seine-et-Marne. Certaines demandes pourraient être anticipées (consentements pour les tests salivaires qui auraient pu être diffusés dès la rentrée avec les traditionnels documents du cahier de liaison, remontée d’absentéisme demandée le lundi pour le jeudi…). → conformément à la circulaire du 25 août 2020 sur les fonctions et les conditions de travail des directeurs d’école, demande d’un véritable allégement des tâches administratives, fin des tableaux des 108h (gestion par les directions d’écoles), fin de la gestion des AESH par les directions d’écoles (gérées par le référent PIAL), transmission d’un calendrier annuel des enquêtes, refus de gérer les tests salivaires (gestion par les centres médico-scolaires, médecins scolaires et/ou infirmières scolaires).

Dans certaines circonscriptions, les IEN indiquent que les RDV de carrière se dérouleront le jour de décharge des directeur-trices. Ainsi ces dernier.es devraient prendre la classe de leur collègue lors des entretiens suivant la visite de classe. Cette situation transforme les directeurs d’écoles en moyen de remplacement temporaire au détriment de leur charge de travail. Le temps perdu dans la classe, notamment pour les directeurs sans décharge complète, et plus précisément ceux à la limite des seuils ou ayant des ULIS, ne peut se rattraper qu’en dehors du temps scolaire, sur leur temps personnel. Dans la même veine, il est exigé que les EE et ESS aient lieu hors temps scolaire...

Aucune réponse de l’administration.

Multiplication des directions comme postes à profil. L’opacité autour du choix par l’IA du ou de la collègue retenu.e est dévastatrice. Elle induit des interrogations sur les critères de choix sur les "compétences requises". Les collectifs de travail sont alors clairement mis à mal par la démultiplication des recrutements profilés d’une manière générale et plus particulièrement sur les postes de direction d’école (chargé de classe unique, direction d’école assortie d’une décharge totale ayant un IPS inférieur à 90…).

Le SNUipp-FSU 77 évoque une opacité dans les modalités de recrutement qui ne permet ni transparence ni équité de traitement entre les personnels. Recruter des directeurs d’école selon cette modalité conduit à une défiance de l’équipe pédagogique à l’égard du directeur et concourt à une difficulté de positionnement du directeur d’école au sein de l’équipe voire à un mal-être professionnel. Les écoles connaissent déjà des tensions en interne. Ce recrutement profilé ne fait que renforcer des conditions de travail déjà peu propices à l’épanouissement professionnel et personnel et à un travail serein et respectueux en équipe s’inscrivant dans une dynamique de projets.

Suite à la parution de la circulaire d’inscription sur la liste d’aptitude de direction de 2 classes et plus, nous rappelons que le recrutement profilé repose sur de la subjectivité et aucunement sur les éléments d’appréciation objectifs lesquels n’offrent aucune réelle prise en compte de l’investissement, de l’engagement des personnels, de leur expérience et de leurs acquis professionnels.

Question des intérims.

Le SNUipp-FSU 77 demande que les périodes d’intérim de direction soient plus valorisées, qu’elles puissent compter dans les trois ans nécessaires à la validation de la liste d’aptitude. Encore, une fois l’administration nous objecte les règlements en vigueur. IA : c’est une question réglementaire.

c/ le pass sanitaire pour les personnels qui travaillent en établissement de soins, les psy scolaires

Les psyEN et PE en ESMS ont reçu un courrier avec menace de suspension si non vaccinés avant le 15/09/2021. L’obligation vaccinale ne devait pas toucher les enseignantes alors pourquoi cette menace de suspension ?

La FSU s’est clairement positionnée en faveur de toutes les mesures permettant de protéger les usagers comme les personnels, dont la facilitation de l’accès à la vaccination. Mais ceci suppose que les critères guidant la mise en œuvre reposent sur des considérations sanitaires et non des critères politiques et que les décisions sanitaires ne portent pas atteinte au droit du travail. L’incompréhension de la mesure se retrouve également dans la manière différente dont, notamment, les psychologues sont traités. Au ministère de la justice a été décidé que les psychologues de la Protection Judiciaire Jeunesse (PJJ) et de l’administration pénitentiaire, ne relevaient pas de l’obligation vaccinale. Les psychologues de Pôle emploi et ceux de la territoriale y sont soumis mais pas les psychologues de l’aide sociale à l’enfance. Les psyEN, comme leurs collègues PE des ESMS, seront les seuls personnels dans les écoles soumis à cette obligation. Or, l’école n’est pas un lieu de soin et les interventions proposées par les PsyEN ne sont pas des actes médicaux... • les élèves, les familles et les écoles, qui vont se retrouver sans psychologue pour instruire les dossiers de pré-orientation vers les EGPA, la MDPH, etc. • les PsyEN « vaccinés » qui vont être sollicités par l’administration pour gérer les « urgences » des secteurs des psychologues suspendus, comme elle le fait déjà pour les postes vacants. Actuellement, la situation sanitaire au-delà du Covid, est très inquiétante : les services de pédopsychiatrie, les orthophonistes, les centres diagnostiques (Troubles des apprentissages, troubles du spectre autistique, troubles du langage…), les soins de proximité, les places en ESMS sont engorgés et les délais d’attente s’allongent. L’urgence est là ! ll serait dommage, alors que la situation exige que toutes les forces vives soient sur le terrain, que pour des raisons administratives incompréhensibles, le ministère en vienne à dégrader la qualité de l’accompagnement en se privant d’une partie des psyEN. . Alors oui, il y a urgence, une grande urgence, mais elle ne porte certainement pas sur la vérification des attestations de vaccination des PsyEN et PE en ESMS !

d/ ULIS école collège et école inclusive

En l’absence de la DASEN, nous envisagerons et construirons avec nos collègues toutes les actions nécessaires afin que la situation évolue réellement.

PIAL et AESH mutualisé-e-s

Cette rentrée est marquée comme les précédentes par une difficulté croissante du recrutement d’AESH. Les AESH mutualisées suivent plusieurs élèves dans une même classe et cela augmente le nombre d’élèves suivis au sein de l’école par une même AESH. Parfois même, certains élèves notifiés ne disposent même pas de l’aide humaine à laquelle ils ont droit.

A travers le témoignage de collègues AESH, nous avons illustré la dégradation importante et très inquiétante des conditions de travail et de prise en charge des 5 (ou 6) élèves que l’on me demande d’accompagner en 22h par semaine sur 2 écoles. Le PIAL et la mutualisation sont une catastrophe ! Aucun emploi du temps clair sur toute la semaine avec un travail en saupoudrage auprès des élèves qui n’a aucun sens ni aucune efficacité. L’accès aux dossiers des élèves, la présentation aux parents, aux équipes pédagogiques sont trop rares malgré ce que prescrivent les textes.

L’administration n’a fait aucune réponse concrète.

Au final, ce fut une réunion, certes courtoise mais qui n’aura apporté aucune réponse. L’administration par la voix de sa DASEN et après son départ à 18h30, par ses collaborateurs, s’est contentée de nous écouter, parfois même de partager nos analyses mais elle s’est surtout retranchée derrière les textes réglementaires. Alors que trois autres « moments d’échange » sont prévus, il appartient à notre organisation syndicale de réfléchir sur la pertinence de telles réunions qui comme nous l’avons déclaré en préalable se révèle être des réunions informelles aux finalités plus qu’incertaines !

 

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