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19 novembre 2015

FORMATION SYNDICALE : Compte-rendu de notre stage sur les rythmes

Le dossier des rythmes scolaires n’étant pas clos pour nous, le SNUipp-FSU 77 a décidé d’organiser un stage syndical sur cette question, qui continue de peser sur le quotidien de nos écoles. C’est donc plus de soixante collègues qui sont venus écouter, Claire Leconte, universitaire, enseignante chercheur de psychologie, parler de « l’aménagement des temps de l’enfant ». « Entre les enfants qui vont faire du poney et ceux qui auront le droit de s’énerver 45 minutes de plus par jour dans la cour de récréation... , je m’autorise à demander ce qui reste de Nationale dans cette Éducation ! » Claire Leconte dans le Nouvel Observateur du 17/11/2014

Quel bilan ?

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Claire Leconte

Après avoir expliqué son parcours professionnel émaillé d’anecdotes (souvent savoureuses) sur ses rencontres avec différents ministres, chargés de mission, maires, DASEN … Claire Leconte a réaffirmé, qu’en plus d’avoir été mal pensée, la réforme de 2013 a été mal organisée et, la plupart du temps, mise en place de façon chaotique – en partie à cause de la proximité des élections municipales de 2014. Loin des objectifs affichés de faire une réforme pour « le bien des enfants » elle constate, encore aujourd’hui, que de nombreux projets éducatifs, lorsqu’ils existent, ressemblent plus à des catalogues d’activités qu’à autre chose... catalogue d’activités contraint par les infrastructures et le manque de moyen des collectivités territoriales. On est loin des promesses !

En 2016, un bilan de la mise en place de la réforme sera fait. Pour Claire Leconte, il paraît judicieux de s’emparer de cette possibilité de lancer d’autres propositions, de remettre en cause les fonctionnements existants et de demander des budgets conséquents avec la participation d’autres ministère (notamment Jeunesse et Sport).

Ce que cela aurait dû être...

Mais en attendant, elle a brossé les contours de ce qu’aurait dû être cette réforme pour elle.

Tout d’abord, on ne doit pas parler des rythmes de l’enfant mais d’aménagement des temps de l’enfant. Ceux ci sont partagés entre l’école (moins de 10% par an), la famille, les loisirs, le sommeil … Il faudrait accepter de mettre à plat l’ensemble des temps, se demander comment les journées de l’enfant doivent être construites pour prendre en compte réellement ses besoins.

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Claire Leconte remet en question la notion de courbe de vigilance telle qu’elle est communément admise (avec ses fameux pics à 11h 30 et 16h 30). En effet, tous les êtres vivants possèdent des rythmes qui sont biologiquement programmés. Pour prendre en compte les rythmes des enfants, on ne doit pas parler de quantités d’heure mais du contenu des temps. Tant qu’on ne fera pas cela, il s’agira de « changement cosmétiques ». De plus, elle insiste sur la nécessité de permettre, à la fin du repas, aux enfants qui en ont besoin, de faire une sieste si celle-ci ne compense pas un manque de sommeil de la nuit. Il faut se demander comment ces 24h peuvent-elles être réorganisées pour respecter au mieux les besoins de l’enfant.

Pour illustrer son propos, Claire Leconte est longuement revenue sur une expérience menée dans une école-pilote à Lille. Les matinées étant à privilégier, la semaine était décomposée ainsi :
- 6 matinées de 4h et 1 après-midi de 2h (le mardi) pour les activités scolaires, soit (6 x 4) + 2 = 26h
- les autres après-midis étaient prises en charge par les intervenants : il s’agissait de « parcours éducatifs » au cours desquels les enfants découvraient des activités nouvelles.

Les enseignants, mais aussi les familles, étaient pleinement partenaires dans la construction de ces parcours afin de réinvestir les compétences acquises en classe.

Aujourd’hui, avec les nouveaux horaires, la semaine se répartit ainsi :
- 5 matinées de 4h et 2 après-midis de 2h de parcours : (5 x 4) + (2 x 2) = 20 + 4 = 24h.

Cette expérience qui dure depuis plusieurs années continue à être très bien perçue par les enseignants et les parents.

Après que les participants au stage aient exposés les différents fonctionnements existants (ou pas) dans leur commune, Claire Leconte a conclu en insistant sur le fait qu’une telle réforme doit être l’œuvre de plusieurs ministères. Le décret doit être porté par les ministères de la culture, de la jeunesse et des sports, de la santé et bien entendu par l’éducation nationale.

Des nombreuses interrogations en suspend...

La journée fut donc riche, dense... presque trop, car on n’aurait aimé pousser la discussion encore plus loin : sur la compatibilité des rythmes biologiques de chacun et de notre société économique... à n’en pas douter ce sujet mérite d’être interrogé. Il dépasse la question de l’École, qui jusque là sert de bouc émissaire permettant de détourner les yeux de questions liées au temps de travail et à la redistribution des richesses. On aurait aimé aussi approfondir les oppositions existantes entre « les différentes écoles de chronobiologistes » en ouvrant le débat à un contradicteur...

On aurait aussi, et surtout, aimé aborder la question du coût, des moyens nécessaires à la mise en place d’une réforme réellement profitable pour les enfants et qui ne se fasse pas sur le dos des enseignants. Seulement, comme souvent dans nos classes, nous n’avons pas eu le temps d’aborder tout cela.

Une prochaine fois alors...

 

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