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2 décembre 2010

Intervention de la FSU77 lors du colloque « L’accueil éducatif des tout-petits » de Vaux-le-Pénil

La semaine dernière, la FSU 77 est intervenue lors du colloque organisé sur l’accueil de la petite enfance. La synthèse des interventions montre les enjeux des conditions d’accueil en maternelle des enfants les plus jeunes.

D’abord un rappel qui semble important : si les parents ne scolarisent plus les enfants des moins de trois ans, ce n’est pas par « défiance » vis-à-vis de la Maternelle. Ce n’est pas par envie de pouvoir trouver mieux et de pouvoir payer pour cela. C’est simplement parce qu’il n’est plus possible d’inscrire les enfants, l’institution n’ayant pas assez de postes d’enseignants ! C’est la pénurie orchestrée depuis des années par les gouvernements successifs qui, au niveau national, a fait passer le taux de scolarisation des « tout-petits » comme on dit, de 35,4% en 2000 à 20% aujourd’hui... un taux qui fait presque rêver dans une Seine-et-Marne qui, elle, flirte avec les 5% seulement. Et pourtant notre département aurait bien besoin de ces sections de tout-petits... car au regard de sa natalité débordante, les besoins en structures d’accueil de qualité vont continuer à se faire sentir sur un territoire équivalent à la moitié de l’Ile-de-France. Et c’est un point qui me semble trop peu abordé dans les échanges que nous avons ce matin : quelle autre structure que l’École, que l’École Maternelle, offre un maillage aussi « opérationnel » sur tout notre territoire ? L’École reste le seul service public dans bien des communes... un service public ayant déjà des bâtiments, des salles et potentiellement des professionnels aguerris, si seulement l’État voulait en former.

Pourquoi ne pas profiter de ce qui existe ? Mais dans des conditions d’accueil améliorées, avec des effectifs pédagogiques adaptés à l’âge des enfants... et nous en profitons pour vous rappeler qu’en Seine-et-Marne, elles ne sont pas rares, les classes de « Petite Section » ayant des effectifs à 30 et plus, avec des intégrations d’enfants en situation de handicap. Nous le rappelons simplement parce qu’il est difficile de faire comme si cela n’avait pas d’impact sur le débat d’aujourd’hui. C’est pourquoi, pour la FSU77, il faut aussi réfléchir sur les continuités nécessaires à une prise en charge de qualité de l’enfance, notamment grâce à des allégements de classe pour le bien des enfants.

Mais là encore, l’État ne souhaite qu’une chose... c’est se désengager, transférer de plus en plus de charges vers les collectivités territoriales ou bien vers les citoyens. C’est bien pour cela que nous ne regardons pas la mise en place de « jardins d’éveil » avec bienveillance - c’est peu de le dire - et que nous sommes très réticents à voir la CAF se lancer dans cette expérience qui reportera vers les familles qui le pourront, vers les collectivités qui le pourront, une part des coûts qui jusque-là étaient supportés par l’État. Un État garant d’équité et de redistribution. Au final, le coût supporté par les ménages sera supérieur... soit par leurs contributions directes... soit par les impôts indirects qui ne seront plus levés pour l’État mais pour que la commune pallie les manques de ce dernier. C’est ce que nous dénonçons ; et c’est pourquoi nous souhaitons la mise en place, au niveau national, d’une réflexion pour construire un Service Public d’accueil de la petite enfance... un service public gage d’équité territoriale... un service public qui pourrait profiter des structures déjà existantes comme les écoles maternelles.

 

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